35 millions EUR collectés à Only Watch 2019

La vente aux enchères caritative de haute horlogerie a atteint le montant record de 35 106 420 € pour la vente de 50 montres uniques pour la recherche sur la myopathie.

Tenue sous le Haut Patronage de S.A.S le Prince Albert II de Monaco, la 8ème édition de la vente Only Watch était organisée par l’Association Monégasque contre les Myopathies ce samedi 9 novembre 2019 au Four Seasons Hôtel des Bergues Genève.

Les 50 lots ont été adjugés au marteau de Christie’s dans une salle comble qui réunississait dans une allégresse commune collectionneurs, philanthropes, journalistes, représentants des marques et les soutiens de la cause venus du monde entier. La vente s’est déroulée sur deux heures au rythme enlevé et grisant des surenchères de chaque lot dans la salle ou bien en ligne pour atteindre un résultat record, dont le modèle Patek Philippe (lot n°28) remportée au marteau pour la somme historique de 28 millions EUR.

 

Liste des prix réalisés par lot

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Téléchargez les images (© AlexTeuscher_photography)

 

Ce samedi 9 novembre, la vente aux enchères fut l’apogée de l’aventure collective qu’a représentée Only Watch pour l’industrie horlogère ces 12 derniers mois. Une épopée qui a pris son envol le 1er juillet avec le dévoilement des noms des marques participantes et des visuels des pièces. Il y eut ensuite un tour du monde en 7 semaines et 10 étapes qui commença par le Monaco Yacht Show, en Principauté, puis Dubaï, Paris, Londres, New York, Tokyo, Singapour, Hong Kong, Taipei et enfin Genève. Un périple d’exception qui a mis en lumière l’intérêt toujours grandissant pour les pièces uniques offertes par les marques.

Ce montant record envoie un message d’espoir fort pour les chercheurs, les patients et les familles concernées par la myopathie de Duchenne à travers le monde (une maladie génétique qui touche 1 garçon sur 3000 à la naissance). Depuis 20 ans, l’association Monégasque contre les Myopathies apporte un soutien financier majeur dans la recherche, dont les avancées significatives permettront prochainement d’envisager les essais cliniques sur l’humain, une étape critique extrêmement encourageante et particulièrement coûteuse.

  

CITATIONS

«  Je veux dire à quel point je suis fier du progrès que nous avons réalisé grâce à l’effort collectif que réprésente Only Watch. Monaco a été l’épicentre de cette belle initiative, se faisant pionnière dans les méthodes innovantes de financer la recherche et de la faire avancer plus vite, plus loin, et de manière plus collective. Aujourd’hui, grâce à vous, nous sommes à la porte des essais cliniques pour un traitement sur la myopathie de Duchenne, avec des chercheurs qui travaillent en symbiose à Monaco, en France, en Suisse, en apportant de l’espoir à des milliers de garçons et d’hommes  à travers le monde. (…) À tous les soutiens de la cause, vous avez ma gratitude. » – S.A.S. Le Prince Albert II de Monaco

« Battre des records est évidemment une source de fierté et de joie. Quel beau moment, quelles émotions partagées ensemble. Aujourd’hui, ce qui importe le plus, c’est la différence que nous pouvons faire dans la recherche contre les myopathies et dans la vie de centaines de milliers de patients et de familles à travers le monde, grâce à ces fonds. » – Luc Pettavino, fondateur d’ONLY WATCH et président de l’Association Monégasque contre les Myopathies 

«  Un triomphe pour Only Watch ! Nous souhaitons exprimer nos plus sincères remerciements à tous les participants, acheteurs, collectioneurs, et soutiens. Ça a été un fantastique projet qui s’est étalé sur 12 mois, qui a traversé 10 villes, écoulé des milliers de catalogues… c’est impressionnant de voir un tel enthousiasme mondial pour ce projet. Nous sommes reconnaissants et heureux d’avoir contribué à lever ces 38,6 millions de francs suisses dont vont bénéficier les chercheurs. Par ailleurs, Christie’s aimerait féliciter Luc Pettavino pour son Prix Spécial du Jury du Grand Prix de l’Horlogerie de Genève 2019, reçu jeudi dernier – une distinction bien méritée. » – Earl of Snowdon, Président d’Honneur de Christie’s. 

 

LES MARQUES PARTICIPANTES :

AKRIVIA GENÈVE – ANDERSEN GENÈVE – ARMIN STROM – ARNOLD & SON – ARTYA – ATELIERS DE MONACO – AUDEMARS PIGUET – BELL&ROSS – BLANCPAIN – BOUCHERON – BOVET – BREGUET – CARL F. BUCHERER – CHANEL – CHRISTOPHE CLARET – CYRUS – CZAPEK – DE BETHUNE –  DEWITT –  FABERGÉ – FERDINAND BERTHOUD – F.P. JOURNE – FREDERIQUE CONSTANT – GIRARD-PERREGAUX – GRÖNEFELD – H. MOSER & CIE – HERMÈS – HUBLOT – JACOB&CO – JAEGER-LECOULTRE – JAQUET DROZ – KONSTANTIN CHAYKIN – L’EPÉE – LOUIS MOINET – LOUIS VUITTON – MAURICE LACROIX – MB&F – MONTBLANC –  MORITZ GROSSMANN – PATEK PHILIPPE – PIAGET – REBELLION – RICHARD MILLE – RJ – SINGER REIMAGINED – SPEAKE-MARIN – TRILOBE – TUDOR – ULYSSE NARDIN – URWERK – VOUTILAINEN – ZENITH

 

(deux montres ont été réalisées en collaborations : un premier modèle proposé par MB&F + L’EPÉE et un second modèle par DE BETHUNE + URWERK).

 

DONATIONS & RECHERCHE :

Grâce à la générosité de chacun (partenaires, marques horlogères, maison de vente aux enchères, participations bénévoles à l’organisation…), l’opération compte moins d’1% de frais de fonctionnement. Ainsi, plus de 99% des fonds sont reversés directement à des projets de recherche médicale et scientifique et permettent à l’Association Monégasque contre les Myopathies de contribuer au développement de solutions thérapeutiques dont certaines sont aujourd’hui à quelques encablures des essais cliniques.

Only Watch est une vente aux enchères caritative biennale fondée par Luc Pettavino, qui vise à lever des fonds pour financer la recherche pour developer des traitements pour la Myopathie de Duchenne (une malade neuromusculaire génétique qui affecte environ 1 garçon sur 3000 à la naissance). Depuis sa creation en 2005, grâce à la générosité de tous les acteurs l’initiative a permis de lever 70 millions d’euros, directement et entièrement réversés à la recherche.

État du marché du yachting

 

(extrait de « THE STATE OF YACHTING 2019 » par Superyacht Times)

 

Avant de nous tourner vers l'avenir, faisons le point sur la situation actuelle de l'industrie des superyachts. Il a fallu beaucoup de temps pour réorganiser la construction des superyachts suite aux difficultés rencontrées il y a dix ans. Aujourd'hui encore, on trouve partout dans le monde certains projets inachevés qui datent de cette période. En outre, à même période, de nombreux chantiers disparurent de l'industrie ou furent rachetés, ce qui entraîna une diminution du nombre général de chantiers en activité et une concentration de l’activité autour d'un certain nombre de grands chantiers spécifiques. Entre 2004 et 2008, 226 chantiers ont pu livrer 1 049 nouvelles constructions. Dix ans plus tard, entre 2014 et 2018, ce nombre a chuté à 170 chantiers pour 752 nouvelles constructions. La baisse du nombre de chantiers actifs se poursuit encore aujourd’hui. En effet, on enregistre 483 yachts pour 147 chantiers. Parmi ces 147 chantiers, les 25 premiers représentent 58 % du carnet de commande en nombre de yachts. En somme, l'industrie semble s'être concentrée davantage autour d'un plus petit nombre de grands constructeurs et a récemment connu quelques d'années de ventes fructueuses, en particulier en 2017 et 2018. Cela signifie-t-il pour autant que l'industrie peut envisager l'avenir avec confiance ?

Le carnet de commandes n’a jamais été aussi rempli que depuis 2011, année où de nombreux projets en plein essor étaient encore en construction. Nous constatons que des constructeurs spéculatifs vendent déjà leurs projets à des clients alors que la construction a déjà commencé. Serait-ce le signe d'un resserrement du marché ? Il n’y a qu’a observé les courtiers en yachts qui explorent le marché à la recherche des quelques bonnes affaires avec des yachts neufs ou « d’occasion » encore disponibles, ou tentent de convaincre les propriétaires de vendre leurs yachts. Un certain nombre de constructeurs ont également tenu compte de l'évolution du marché et sont en train de se développer en produisant leurs premiers modèles de plus de 40 mètres. Plusieurs nouveaux acheteurs sont connus pour avoir directement acheté des grands (+50m) ou très grands yachts (+80m), ce qui soutient également la tendance vers des yachts toujours plus grands.

La tendance de plusieurs chantiers portés vers la production de yachts plus grands pourrait s'expliquer par le fait que beaucoup des principaux chantiers navals réputés affichent désormais un carnet de commandes complet. Les clients qui souhaitent faire construire des yachts plus grands entièrement sur-mesure sans pour autant attendre plusieurs années choisirons de plus en plus des nouvelles constructions déjà livrées. Ce qui explique certainement qu’un chantier comme Amels, qui propose plusieurs yachts au-dessus de 50 mètres construits sur spéculations, ait réussi de belles ventes dernièrement. Le chantier a d’ailleurs récemment revu sa production avec des yachts plus longs pour la quasi-totalité de ses modèles.

L'évolution vers des yachts de type explorateur semble se concrétiser. En effet, de nombreux constructeurs de yachts aux caractéristiques similaires à celles des yachts d’exploration sont présents sur le marché, en particulier sur le segment de yachts de plus petite taille. Ces yachts ne sont pas totalement considérés comme des yachts d’exploration car beaucoup de ces yachts ne remplissent pas toutes les caractéristiques traditionnellement associées aux yachts purement explorateurs. D’ailleurs, les avis divergent encore sur la définition exacte d’un yacht d’exploration. Les armateurs privés souhaitent de plus en plus découvrir de nouvelles zones encore peu explorées et seul un yacht spécialement conçu leur permettent de le faire.

Avec 194 superyachts neufs en 2018, les ventes ont atteint leur plus haut niveau depuis le pic incroyable de 241 yachts en 2008. Cependant, plusieurs défis se profilent à l'horizon en termes de réglementation, de développement durable et selon la conjoncture économique.

LES VOILIERS

Pour les voiliers, le marché des nouvelles constructions se diversifie de plus en plus. Les constructeurs uniquement portés sur le large segment 30-60m ont tous dû sérieusement revoir leur stratégie, affectés par un affaiblissement des ventes depuis plusieurs années (environ 10 % des ventes de yachts neufs, alors que les voiliers représentent actuellement 16 % de la flotte en activité). Certains chantiers diversifient leur gamme de produits en se lançant dans la construction de yachts à moteur, tandis que d'autres misent sur la taille avec des projets de construction de yachts de plus de 60 mètres. Toutefois, dans ce segment, les constructeurs traditionnels de voiliers devront aussi faire face aux grands chantiers de yachts à moteur qui se lancent, à l’inverse, dans la production de voiliers proposant une toute nouvelle approche du marché. Si Nobiskrug et Oceanco sont parmi les plus connus, d'autres grands constructeurs de superyachts ont également travaillé sur la conception de très grands voiliers.

ÉCONOMIE

Les facteurs économiques demeurent la principale préoccupation. Le spectre des guerres commerciales se profile au-dessus des économies américaines et chinoises, tandis qu’en Europe, on s’attend à un ralentissement de la croissance économique en 2019. La croissance économique de l’Italie, un acteur majeur du monde des superyachts, s'est presque arrêtée dans les premiers mois de 2019, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la stabilité financière des constructeurs de superyachts dans ce pays. En effet, de nombreuses banques italiennes de taille moyenne sont déjà dans une situation difficile et devront réduire leurs prêts. Cette situation intervient à un moment où de nombreux chantiers navals italiens sont à peine en train de se remettre après des années passées à se serrer la ceinture.

LE BREXIT

Impossible de présenter cette analyse du marché sans évoquer le Brexit. Le Royaume-Uni, plaque tournante majeure de l'industrie des superyachts, traverse une période d'incertitude en raison de la perspective d’une sortie de l’UE. Le pays accueille un certain nombre de constructeurs de yachts à succès comme Princess et Sunseeker, des chantiers de rénovation renommés et un nombre considérable de sociétés d'équipement, de courtage, d'assurance et de design, etc. Mais le Royaume Uni accueille surtout une population importante de gens très riches, venant du monde entier, qui considèrent Londres comme leur maison. Que feront toutes ces entreprises et ces personnes si le Royaume-Uni se lance effectivement dans un Brexit sans accord ? L'incertitude qui entoure le Brexit a déjà incité de nombreuses grandes entreprises de divers secteurs à s'implanter dans les autres pays de l'UE.

L’ASIE

Dans le monde d’aujourd'hui, de plus en plus de fortunes privées proviennent des pays asiatiques. Toutefois, ces riches asiatiques ne possèdent pas autant de superyachts que leurs homologues américains ou européens ; du moins pas encore. Dans le même temps, le nombre d’acheteurs asiatiques de yachts est en constante augmentation. Ils représentent aujourd'hui plus de 7 % des propriétaires connus de yachts de plus de 40 mètres enregistrés dans les carnets de commande. Tout laisse à penser que le nombre de propriétaires asiatiques de superyachts va continuer d’augmenter.

LA RUSSIE ET L’AMÉRIQUE DU NORD

Les clients russes sont parmi les principaux acteurs de la formidable croissance de l'industrie des superyachts depuis 2000. Ils restent d’ailleurs des clients appréciés, en particulier dans le segment supérieur du marché. 11 % des superyachts de plus de 40 mètres vendus et actuellement en construction sont destinés aux propriétaires russes. Cependant, les clients nord-américains ont eux aussi joué un rôle de force motrice du marché ces dernières années. Leur rôle reste essentiel, avec une part de 17 % des superyachts vendus actuellement en construction. À l'avenir, beaucoup de choses reposeront sur l'appétit continu des Nord-américains pour les superyachts.

LES PRÉVISIONS

Les constructeurs de superyachts remarquent également que leurs clients sont de plus en plus jeunes et que certains de ces jeunes clients achètent des superyachts de très grande taille. Entre-temps, la flotte mondiale de superyachts a augmenté de 150 à 180 yachts par an au cours des dernières années. Avec 483 yachts, le carnet de commande actuel garantit encore près de trois ans de livraisons tandis que d'autres projets construits sur spéculation, notamment, seront lancés entretemps. Le marché de la rénovation et de l'entretien des yachts est également en plein essor. Les chantiers navals de cette industrie se préparant à accueillir davantage de très grands superyachts.

En 2019 et 2020, nous prévoyons entre 160 et 180 livraisons par année. Après 2020, cela dépendra principalement du volume des ventes de yachts neufs en 2019. Si le marché peut maintenir un volume de demandes semblable aux deux exercices précédents, le volume de livraisons en 2021 et 2022 sera encore élevé. Toutefois, l'incertitude économique croissante après un certain nombre d'années d’essor présente un risque de ralentissement important. Une récession économique semble probable, car nous approchons de la fin d'un cycle économique. Les constructeurs de superyachts sont actuellement très occupés et travaillent dur pour satisfaire les exigences de leurs clients. Néanmoins, les chantiers devront se montrer encore plus souples avec la certitude de pouvoir s’adapter aux nouvelles demandes d’une clientèle volatile pour pérenniser leur succès.

 

Photo: © Superyacht Times - www.superyachttimes.com

Les tendances du superyachting

A deux mois du 29ème Monaco Yacht Show, nous vous présentons les dernières tendances du marché en collaboration avec The Superyacht Life Foundation.

La fondation a l’objectif de promouvoir les aspects positifs de la grande plaisance auprès d’un public plus large, en partageant les expériences de vie de personnes, leurs initiatives, les lieux et les projets positifs du monde fascinant du superyachting.

Rendez-vous donné au Monaco Yacht Show du 25 au 28 septembre prochain pour rencontrer les prescripteurs des tendances d’un marché représenté par l’extraordinaire exposition de 125 superyachts.


LES SUPERYACHTS DEVIENNENT PLUS VERTS 

LA TENDANCE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Le développement durable est devenu un sujet brûlant dans le monde du superyachting. De nombreux superyachts développent des solutions innovantes pour réduire leur empreinte environnementale. Savannah, un 84 m du constructeur allemand Feadship, a été présenté comme le premier superyacht hybride à moteur unique, trois générateurs et un total combiné d’environ un mégawatt de batteries. Black Pearl, le voilier de 107 m du chantier Oceanco, utilise quant à lui des générateurs attelés spéciaux qui produisent de l'électricité en permettant aux hélices de tourner lorsque le bateau est toutes voiles dehors. Les piles à combustible prennent également de l'ampleur. Le chantier naval italien VSY développe un concept basé sur la technologie de l'hydrogène, en collaboration avec un designer de renom comme

 

Espen Oeino, Siemens et Lloyds Register.

L'industrie dans son ensemble suit le même chemin. De nombreux constructeurs de Superyachts apportent un soutien financier à la Blue Marine Foundation, une ONG ayant pour mission de protéger 30 % des océans de la planète d'ici 2030. Leur célèbre parcours en vélo de Londres à Monaco, un marathon transeuropéen de 1 100 km, a permis de recueillir plus d'un million de livres sterling depuis 2016, réunissant des professionnels de l’industrie avec l’objectif de collecter des fonds pour la conservation des océans.

À cela, bien d’autres initiatives voient le jour. De nombreux équipages de superyachts se sont unis sous le Clear Ocean Pact (le Pacte pour la Transparence de l’Océan), un engagement commun afin de réduire le plastique à usage unique à bord des yachts. Les sociétés de courtage, quant à elles, s’associent à des défenseurs de l’environnement pour lutter contre la pollution des océans. Dans les marinas et yacht clubs, des poubelles flottantes sont en cours d’installation pour aider à nettoyer les océans des déchets plastiques.

Les leaders de l’industrie se sont également associés pour créer la fondation Water Revolution, une organisation à but non lucratif qui a pour mission de renforcer encore davantage le développement durable au sein de l’industrie grâce à la collaboration et à l’innovation. Tout d’abord, cet organisme a pour objectif de constituer une base de données de solutions durables pour l’industrie, afin d’encourager une culture axée sur des projets « open source » de développement durable dans lesquels la collaboration prime sur la concurrence. Ils prévoient également un logiciel révolutionnaire permettant de mesurer l’impact environnemental de divers modèles de conception de yachts.

Les superyachts ont un profil opérationnel très différent de celui des autres navires, avec une moyenne d’activité d’environ 300 heures par an seulement. Ils naviguent rarement à la vitesse maximale et n’utilisent que 20 % de leur capacité en moyenne. Les statistiques montrent que moins de 0,3 % des émissions de CO2 des navires de mer dans le monde proviennent des milliers de superyachts à flot aujourd'hui. Néanmoins, l’industrie du superyachting continue de réduire son impact sur l’environnement et les océans du monde. Après tout, ce sont ces mêmes océans qui inspirent les gens à naviguer.


LES SUPERYACHTS VOUS LE RENDENT BIEN

LA TENDANCE À LA PHILANTHROPIE

Les propriétaires de superyacht sont de plus en plus préoccupés par la santé environnementale des océans. Beaucoup collectent régulièrement des données pour des organisations environnementales.
Pour faciliter cette démarche, l'International Seakeepers Society met en relation les propriétaires et les scientifiques, leur permettant d'utiliser les yachts comme plate-forme de recherche marine.
Archimedes est l'un des nombreux yachts participants, récemment utilisé pour une expédition de recherche sur les requins près d'Antigua.

Ensuite, il y a REV. Sa construction bientôt terminée, le yacht de 183 m sera le plus grand au monde, avec des ambitions à la hauteur de sa taille colossale. Le propriétaire norvégien, Kjell Inge Røkke, utilisera REV pour mener des recherches scientifiques dans le monde entier, révélant de nouvelles vérités sur nos océans et contribuant à les préserver. Durant les recherches, REV pourra embarquer 60 scientifiques et 30 membres d'équipage, ce qui permettra des recherches novatrices sur le changement climatique, la surpêche et la pollution plastique.

Parallèlement à la recherche océanographique, les propriétaires et les équipages participent souvent aux opérations de secours en cas de catastrophe en fournissant une aide humanitaire aux personnes en danger. Aussi étonnant que cela puisse paraître de voir un yacht ancré dans un tel environnement, la taille, la capacité, la vitesse et la portée de ces navires peuvent en faire des premiers intervenant idéaux. YachtAid Global, une organisation à but non lucratif créée en 2006, collabore avec des yachts pour aider à fournir et à coordonner l'aide en cas de catastrophe et nécessité de soutien au développement des communautés côtières du monde entier.

La Fondation Bertarelli, quant à elle, fournit un financement important pour les réserves marines. La fondation a été créée par Ernesto et Kirsty Bertarelli, propriétaires de Vava II. À ce jour, la fondation a soutenu la création de plus de deux millions de km2 de zones marines protégées.


LES SUPERYACHTS SONT INNOVANTS

LA TENDANCE À REPOUSSER LES LIMITES

Rendez visite à un designer ou à un constructeur de superyachts et vous prendrez conscience des innovations avant-gardistes qui rendent l’industrie si unique. Les échappements moteurs, la conception, la fabrication et l’ingénierie sont autant d’éléments complexes dans la fabrication des superyachts d’aujourd’hui. De nombreuses innovations découlent souvent de la vision d’un seul propriétaire prêt à payer le prix d’un investissement alors que le marché ne s’est pas encore réveillé.

Ensuite, il y a l'incroyable attention portée aux détails. La menuiserie complexe et unique, la ferronnerie, la marqueterie, la peinture et d'innombrables autres disciplines confèrent aux superyachts un degré de sophistication sans égal.
L'artisanat est maintenu en vie dans ces domaines qui risqueraient autrement de disparaître. Des milliers d'hommes et de femmes hautement qualifiés travaillent dans les chantiers de superyachts du monde entier, dont beaucoup appartiennent à des familles qui y travaillent depuis des générations. Il en va de même pour les nombreuses sociétés spécialisées dans les fournitures d’équipements marins qui existent grâce à l’industrie du superyachting. Selon une estimation de l’International Superyacht Society, le nombre de personnes employées, par exemple, dans une nouvelle construction de 65 mètres avoisinerait les 350, et on ne parle ici que d’emplois directs.

Une étude SYBAss (association des constructeurs de superyachts au-dessus de 40m) menée en 2010 par la célèbre Université de technologie de Delft a mis au point un indice unique de Jauge brute compensée (Compensated Gross Tonnage - CGT) pour les superyachts. Cet indicateur économique mesure la quantité de travail nécessaire à la construction d'un navire. Les résultats ont montré qu'un superyacht peut être 30 à 40 fois plus rentable économiquement qu'un navire à passagers ou un cargo.


LES SUPERYACHTS VONT PLUS LOIN

LA TENDANCE DES YACHTS EXPLORATEURS

Beaucoup ont été séduits par l'envie de découvrir des recoins les plus éloignés de la Terre avec le confort d'un superyacht. Ces dernières années, on a assisté à une augmentation spectaculaire du nombre de superyachts explorateurs. Ces superyachts sont conçus pour parcourir de longues distances dans des conditions extrêmes avec des coques renforcées (même conçues pour résister à la glace), les espaces de vie dédiés à l’équipage, les unités de traitement des déchets écologiques et la capacité de voyager loin à des vitesses soutenues.

L'Antarctique, Raja Ampat, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l'Arctique sont quelques-uns des nouveaux terrains de jeu du superyacht offrant des aventures et des expériences uniques, allant de la visite de colonies de manchots en Antarctique à l’immersion dans des territoires inexplorés. Beaucoup de ces yachts transportent des sous-marins et des hélicoptères pour que les aventures se poursuivent sous la mer et hors du bateau.

La plupart des yachts explorateurs sont équipés de toutes les commodités de haut niveau normalement associées à un superyacht. Après une journée d'héliski, de randonnée sur les icebergs ou de plongée, les clients peuvent retourner au spa pour se faire masser ou se réchauffer avec un chocolat chaud et un film ! Pour les propriétaires de superyachts avides d’aventure, un yacht explorateur est le meilleur moyen de découvrir confortablement les régions du monde les plus méconnues.

 

Photo :  © The Superyacht Times

Être propriétaire selon Serkan Borancili

Article publié dans le MYS Summer Magazine du MYS, #2018 | Par Gemma Fottles

 

L’entrepreneur turc, Serkan Borancili, a acheté son premier superyacht, l'Azimut Goga Migoga de 30,9 m de long, en 2010, lors du lancement de son activité de marché numérique qui a ensuite été vendue à eBay et a passé les huit dernières années à réaliser ses rêves en matière de yacht. Il a vendu le Goga Migoga deux ans après, durant lesquels il réfléchissait sur son prochain superyacht idéal, et c’est donc en 2013 que Borancili s'est tourné vers Alumercia. Le yacht de 37,7 m construit par Heesen était idéal, dit-il, mais une bonne rénovation le rendrait parfait et lui donnerait nettement plus de valeur. Cela a pris 100 jours pour que Borancili et sa famille naviguent avec style sur les eaux de la Méditerranée. Après avoir vendu l’Alumercia en janvier de cette année à la suite de son exposition au Monaco Yacht Show 2016, il est maintenant à la recherche de quelque chose de plus grand et mieux que jamais auparavant... et a quelques conseils pour ceux qui veulent se lancer dans l’achat d’un yacht.
 
serkan borancili portrait

La taille de 30 m était-elle la plus adaptée pour votre premier superyacht ?

J'ai toujours été lié au yachting - mon père avait construit six goélettes turques au début des années 90. J'ai aussi travaillé sur nos yachts, que nous louions pendant l'été. 30 mètres n’est généralement pas la taille décidée d’un premier yacht, car les gens ont tendance à chercher plus petits en premier, mais pour moi, c'était la bonne décision.

Après avoir navigué avec Goga Migoga pendant deux ans, je me suis rendu compte qu'un yacht comme celui-ci ne me permettrait pas de faire toutes les choses que je voulais faire avec le yacht. Quand vous devenez propriétaire d'un yacht, vous devez obligatoirement suivre un apprentissage rapide. Mais en apprenant sur le Goga Migoga, je me suis profondément immergé dans le monde des yachts à déplacement et j'ai commencé à explorer !

Quels sont les avantages d'être propriétaire d'un yacht pour passer du temps de qualité en famille ?

Vous découvrez tant d'endroits ensemble – et sans faire vos bagages à chaque fois ! Vous mangez ensemble, vous parlez ensemble, vous visitez de beaux endroits ensemble. C'est inestimable. Une fois, je me suis réveillé au milieu de la nuit, et j'ai trouvé ma famille toujours sur le pont, excitée pour le lendemain et faisant des projets. C'est fantastique d'être si connectés.

Quels sont les moments de croisière les plus spéciaux que vous avez vécus à bord ?
J'ai beaucoup de bons souvenirs. La croisière à Venise était spéciale. Tout le monde était sur le pont à prendre le soleil et nous étions tous excités et en train de partager des photos - quelle journée ! La traversée du canal de Corinthe a également été impressionnante. Quand j'ai dit à ma mère que c'était un canal construit par l'homme dans les années 1800, elle s'est mise à pleurer tellement elle était surprise. Oh et bien sûr, j'ai quelques souvenirs de fête et de croisière sur le Passage de Messine.... C'était une nuit incroyable !

Quels conseils donneriez-vous aux nouveaux acheteurs ?
Je regarde toujours la marque du chantier naval, l’aménagement et les capacités du yacht ! Mais tout tourne autour de ce que vous avez réellement envie de faire. Qu'est-ce que tu veux faire ? Combien de temps pouvez-vous passer à bord sur une année, et où voulez-vous naviguer ? Voulez-vous louer ? Rester en Méditerranée, se diriger vers les fjords ? Ces réponses déterminent ce que vous voulez vraiment dans votre prochain yacht, et devraient être à l'avant-garde du processus de prise de décision de quiconque.

Qu'est-ce qui vous fait opter pour un yacht à la vente plutôt que pour un projet de nouvelle construction ?

Les nouvelles constructions sont toujours excitantes et c'est définitivement dans mes projets d'avenir. Construire à partir de zéro prend un minimum de 3 ans et si vous n'avez pas l'expérience du yachting... et bien, je n'oserais pas le faire sans expérience. L’achat d’un yacht déjà en navigation est bien meilleur pour acquérir de l'expérience dans le yachting, et bien sûr pour votre budget.

On parle beaucoup de la jeune génération qui s'éloigne du yachting. Qu’en pensez-vous ?

J'ai beaucoup à dire là-dessus. Toutes les industries sont perturbées, et c'est ce qui stimule l'innovation et le changement. Nous constatons des ruptures dans l'industrie automobile, les secteurs de la communication, l'hébergement, les transports - partout. Alors pourquoi pas le yachting ? Nous voulons des yachts plus sophistiqués que jamais, et pour ce faire, nous avons besoin de jeunes propriétaires avec des idées nouvelles. Je veux dire, on ne s'attendrait pas à ce qu'ils construisent des yachts semblables à ceux qui étaient construits il y a 20 ans : nous avons besoin de yachts plus écologiques, de designs plus uniques et de navires aux capacités améliorées. La jeune génération peut le faire et devrait être encouragée à le faire.

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Heureux qui, comme l’armateur, fait un beau voyage…

Article publié dans le Summer Magazine du MYS, #2017 | Par Juliet Benning

 

Année après année, les commandes de nouveaux yachts ne sont pas proportionnelles à la croissance financière des particuliers les plus riches du monde. En étudiant comment les clients les plus fidèles de l'industrie sont devenus propriétaires, nous pouvons mieux comprendre comment attirer de nouveaux acheteurs de superyachts.

Le monde ne manque pas d'individus fortunés, mais lorsqu'il s'agit de vente de superyachts, les chiffres ne s’additionnent pas. Relativement peu d'UHNWI sont propriétaires de superyachts, préférant plutôt répartir leurs actifs entre la propriété, les avions privés, les voitures et l'art. En 2016, Wealth-X a constaté qu'il y avait 2 397 milliardaires dans le monde, pour une richesse totale de 7 400 milliards de dollars. Pourtant, l’agence SuperYacht iQ a constaté que les nouvelles commandes de superyachts de plus de 30 millions s'élevaient à 144 en 2016, 184 en 2015 et 159 en 2014. Ces chiffres ne semblent pas proportionnels. Beaucoup pensent que ce faible niveau d'intérêt ou d'engagement provient d'un manque de compréhension de la façon de naviguer dans l'industrie du yachting.

Afin d'encourager les nouveaux propriétaires de yachts, il est important de mieux comprendre les propriétaires enthousiastes et passionnés. En outre, l’industrie ne peut grandir qu’à la vitesse correspondant à sa capacité d'accostage et de chantier naval. Ce qui reste clair, cependant, c'est que l'industrie continuera de croître avec une lente certitude - les propriétaires transmettant la passion à leurs descendants et à leurs amis. Ces propriétaires actuels sont les plus grands atouts de l'industrie, les ambassadeurs d'un style de vie si précieux et unique qu'aucune autre expérience ne pourra s'en approcher. Alors, comment ces propriétaires en sont-ils arrivés au yachting et comment pouvons-nous attirer plus de monde ?

Un secteur qui continue à générer de nouveaux propriétaires est le monde de l'art. Un regain d'intérêt pour l'art, en particulier à Miami et à San Francisco, de la part des milliardaires ayant fait fortune dans la technologie. Il est presque certain que ces actifs augmenteront en valeur. Prenons l'exemple de Jean-Michel Basquiat Untitled. (1982), vendu l'an dernier par Christies pour 57,3 millions de dollars US (52,1 millions d'euros) ou Femme assise de Pablo Picasso. (1909) vendu pour 63,4 millions de dollars américains par Sotheby's. Stefano De Vivo, directeur commercial de CRN, explique que le circuit de l'art est très présent dans les radars du chantier naval, « Beaucoup de nos propriétaires sont des amateurs d'art et des collectionneurs qui assistent habituellement aux trois salons d’Art Basel à Bâle, Hong Kong et Miami Beach - pour l'art moderne et contemporain, ainsi qu'à la Biennale di Venezia, qui couvre cinéma, art, théâtre et architecture. » Adam Papadakis, courtier chez Camper & Nicholsons corrobore en disant, « Art Basel Miami est un événement qui déclenche une augmentation significative des demandes d'achat de yachts. » Le propriétaire de yacht cultivé ne s'arrête pas à l'art, et des événements tels que le Grand Prix de Monaco, le Festival de Cannes et l'America's Cup ont tous suscité un intérêt pour les super-yachts et les demandes de propriété.

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En revenant sur plusieurs décennies avant ces prestigieux événements, c’est pendant l’enfance que germent les graines de la propriété des yachts sont souvent plantées. Ce qui semble également important, c'est l'endroit où un individu a grandi et les habitants de la côte sont plus susceptibles d'attraper le virus de la navigation de plaisance. Joaquín Folch Sr, propriétaire de Buka, un yacht à moteur Heesen de 36,8 mètres, a grandi dans un environnement nautique sur la Costa Brava, « Mon père était incroyablement sportif, amoureux des voitures, avions, motos et yachts. Nous avons obtenu notre diplôme nautique en même temps et quand il est décédé en 1988, j'ai hérité du yacht de 19 mètres qu'il avait acheté avec deux autres amis. » De même, Leon de Mercier, propriétaire d'un yacht Gulf Craft de 33 mètres, dit, « Je viens d'une culture nautique australienne - cela signifiait pêcher et pratiquer les sports nautiques avec mon grand-père et mon père. Ce n'est qu'à l'âge de 21 ans, alors que j'étais étudiant à l'université et que je visitais le salon nautique de Southampton, que j'ai pris conscience de l'importance des grands yachts. » Aux Émirats arabes unis, Bimal Bhatia, propriétaire d'un yacht Gulf Craft plus petit, a vu Dubaï Marina se développer à partir de rien et, anticipant le potentiel de propriété du yacht, a pris une des premières places disponibles, puis l'a remplie avec un petit bateau rapide. Erwin Bamps, PDG de Gulf Craft, attribue le développement du secteur nautique au Moyen-Orient à un intérêt pour la propriété de yachts, « La création d'infrastructures portuaires multifonctionnelles et de destinations maritimes de loisirs conduit à une croissance plus rapide et plus durable des communautés nautiques. »

De nombreux propriétaires souhaitent transmettre leur passion du yachting, en partageant à bord un « temps en famille » de qualité. « Mes fils auront Buka en août quand elle retournera aux Baléares," dit Folch. Cela signifie que nous pouvons nous attendre à un afflux constant de nouveaux propriétaires qui ont hérité de la passion du yachting. Les recommandations d'amis amènent aussi un grand nombre de nouveaux propriétaires : nos clients actuels agissent en tant qu'ambassadeurs de la marque, le bouche-à-oreille étant notre principale source de nouveaux clients potentiels, » dit Bamps. Papadakis préfère cette façon de rencontrer de nouveaux clients, « La majorité de mes clients préférés et de longues dates viennent par recommandation de clients existants. Une recommandation d'un propriétaire existant ouvre une porte qui aurait pu être fermée pendant des années et elle apporte tellement plus de satisfaction, car c'est une indication du bonheur du propriétaire avec son yacht. » Des amis et des associés étaient responsables de Charles P. La première expérience de « Buddy » Darby en super-yacht, » C'était un voyage d'affaires en 1984 à bord Monkey Business, un yacht à moteur de marque Broward de 30 mètres. Ma première expérience entre amis sur un yacht était à bord de Themus, un yacht à moteur Trinity de 156 pieds avec des amis pour le tournoi de golf The Heritage à Hilton Head, Caroline du Sud, » Darby possède maintenant le voilier Perini Navi de 47 mètres, Andromeda la Dea.

 Sans aucun doute, votre réputation en tant que constructeur de yachts n'est aussi forte que celle de votre dernier client. Mais le chemin vers la propriété d'un yacht est très souvent constitué d'une série de yachts de taille croissante. Le voyage de Leon Le Mercier a commencé avec un Azimut 105 avec un faisceau beaucoup plus étroit que son yacht actuel, le premier bateau de Joaquín Folch Sr était un hors-bord de 15 mètres et Buddy dit que sa famille a toujours eu des yachts. Une fois alignée sur un certain constructeur naval, cette clientèle fidèle devient souvent une clientèle fidèle. Sara Gioanola de Heesen explique à quel point c'est important pour le chantier naval, « Beaucoup de nos clients ont construit deux ou même trois bateaux avec nous. Par exemple, le propriétaire de 37 m Ilona plus tard construit 50 m Sky. De même, le propriétaire de Sibelle est passé d'un yacht de 44 m à un yacht de 50 m entièrement personnalisé.» Les besoins en yachts augmentent en proportion directe avec la taille de la famille et de la fortune. Pour ceux qui cherchent un nouveau client potentiel, Joaquín Folch Sr pourrait être tenté d'améliorer son Heesen, « Tant que ma santé physique et économique est bonne, je pourrais envisager d'améliorer Buka. Je ne voudrais pas aller plus loin que 42 mètres, car c'est déjà à la limite de mon permis de navigation, mais ce serait bien d'avoir quelque chose de plus moderne. 

La location est une autre entrée évidente dans la propriété de yachts qui donne également à l'industrie une visibilité médiatique considérable par le biais d'invités de prestige ou de célébrités de la location. En affrétant une section transversale de différents yachts, un nouveau propriétaire sera mieux équipé pour identifier un yacht qui répond à ses besoins individuels. Papadakis a observé, « Il y a eu un grand afflux de clients « nouveaux riches » dans le secteur de la location de yachts au cours des quatre ou cinq dernières années. Ce sont des gens très riches, éduqués et voyageant dans le monde entier qui n'avaient pas ou très peu été exposés à la navigation de plaisance. Un fort pourcentage d'entre eux deviendront propriétaires de yachts. Je vois des moments excitants à venir. » Geoff Moore de West Nautical a constaté que 80 % de leurs propriétaires de yachts ont déjà affrété. Bien sûr, la plupart des « droits de passage » de propriété sont facilités par un courtier de confiance. Buddy Darby dit de son courtier, » Hank Halsted de Northrop & Johnson a été mon courtier de choix pendant des années. Il m'a vendu presque tous mes yachts. » Sara Gioanola révèle comment les relations avec les courtiers de Heesen sont favorisées par des événements dédiés aux courtiers et aux clients qui ont été organisés au cours des sept dernières années, « 70 % de nos clients passent par des courtiers, » dit-elle. Les capitaines auront également une influence considérable sur le choix du chantier naval par le propriétaire.

Le Monaco Yacht Show est fréquemment utilisé par les nouveaux propriétaires comme banc d'essai pour comparer un yacht qu'ils ont déjà sélectionné pour l'achat. Les propriétaires de yachts sont des visiteurs enthousiastes et annuels du MYS. Joaquín Folch Sr dit, « Je suis très impliqué dans le Monaco Yacht Show et le visite chaque année. » Cette année, comme l’organisation fait plus d’efforts pour trouver et communiquer avec les UHNWI et leurs conseillers, il est certain qu'il y aura de tout nouveaux clients qui n'attendent que d'être initiés au superyachting. Vous pouvez parier que beaucoup d'entre eux, une fois engagés, se demanderont pourquoi ils ne l'ont pas fait plus tôt.

La prochaine vague

Article publié dans le Summer Magazine du MYS, #2018 | Par Justin Ratcliff

 

Comment attirer une nouvelle vague de propriétaires de superyachts ? Tous les regards sont tournés vers les UHNWI émergents, et l'industrie du yachting s'occupe des priorités des millénaires dans l'espoir qu’ils se mettront à l'eau comme la génération précédente.

Le propriétaire européen du M/Y Aurora de 49 mètres, qui a été présenté pour la première fois au Monaco Yacht Show 2017, est le plus jeune client de Rossinavi à ce jour. A peine entré dans la trentaine, il voulait un yacht qui représente son état d'esprit millénaire : des performances rapides, un design dynamique et un aménagement flexible. Poussé par le nombre croissant de jeunes UHNWI, le chantier naval italien s'est associé l'année dernière à l'Université Internationale de Monaco (IUM) pour étudier les goûts et les aversions du marché émergent des millénaires.

« Nous nous sommes penchés sur des millénaires pour comprendre comment ils passent leur temps libre et comment cela se transfère dans le style de vie du yachting », explique Federico Rossi, COO du chantier naval, géré par sa famille. « Pour un constructeur sur mesure comme nous, c'est un marché fascinant qui va au-delà des simples statistiques qui ressortent de nos recherches. »

La technologie, l'innovation et l'environnement ne sont que quelques-unes des priorités qui ressortent de l'étude et que Rossinavi a intégrées dans une série de concepts de super-yachts destinés spécifiquement aux jeunes propriétaires. L'un de ces concepts, le Mark 48, a été créé par David J. Weiss, un jeune designer américain qui s'est inspiré du langage du design de la science-fiction et, plus précisément, du costume de vol futuriste porté par Ironman dans les films Marvel.

« Il va de soi que les jeunes propriétaires apprécieront l'aventure et le sport plus que l'acajou et les cigares », explique David. « C'est une question de priorités, et le confort luxueux est moins important pour eux que d'avoir quelque chose de nouveau et de surprenant. »

Pour les jeunes millénaires nouveaux venus dans les affaires qui s'adonnent à la plaisance, le yachting est un passe-temps occasionnel plutôt qu'une passion qui dure.
« Ils ne voient pas le yacht comme une fin en soi, mais comme une sorte de pied-à-terre flottant pour assister à des événements comme le Grand Prix de Monaco ou le Festival de Cannes », explique Antonio. « Ils ne s'intéressent pas aux grandes cabines, mais aux sports nautiques et aux nombreux espaces extérieurs pour recevoir de grands groupes d'amis. Ils peuvent passer un week-end à bord en Sardaigne, retourner au travail, puis rejoindre le bateau le week-end suivant à Ibiza. C'est un concept différent de la croisière traditionnelle de deux semaines en été. »

Avec l'accent mis sur des moments de vie ensemble en plein air, les activités de loisirs nautiques, le gymnase et les spas, les salles à manger formelles et les salons - déjà un peu anachroniques pour les yachts - seront encore moins pertinents à l'avenir. Ce changement dans l'utilisation des yachts pousse les concepteurs à reconsidérer les dispositions générales conventionnelles.

« On parle beaucoup d’améliorer le décloisonnement entre l'extérieur et l'intérieur des yachts », explique Luca. « Dans la plupart des cas, il s'agit simplement d'installer de plus grandes fenêtres ou des portes vitrées coulissantes, mais ce n'est que la moitié du combat : il faut aussi assurer une meilleure circulation entre l'intérieur et l'extérieur sur les différents niveaux du pont. »

Mais il y a un risque à concevoir des yachts pour une population spécifique. Définir ce qui distingue une génération d'une autre n'est pas une science exacte et le regroupement des millénaires en un seul groupe homogène n'aboutira probablement pas à des solutions qui conviennent à tous.

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C'est ce qui est apparu clairement lors du super-yacht Design Symposium organisé par Boat International plus tôt cette année (ndlr : édition 2017) lors d'un débat entre millénaires dont les parents possèdent de grands yachts. Sébastien Vibe-Petersen, copropriétaire avec son père du voilier Perini Navi de 54 m Parsifal III, soutient que la propulsion hybride est essentielle pour attirer les jeunes propriétaires. Mais Alex Gibbs, dont la famille possède le Sunseeker Predator 115 Elysium, croit que les batteries lithium-ion sont une technologie palliative et a plaidé pour « une plus grande poussée dans toutes les industries vers une meilleure solution. »

Une autre généralisation est que les millénaires accordent plus de valeur aux expériences de vie qu'aux possessions matérielles. Ils voudront toujours utiliser des superyachts, mais ils seront moins intéressés à devenir propriétaires. En fait, ils peuvent même considérer la propriété comme une restriction.

« Nous allons assister à un moment où l'idée traditionnelle de la propriété d'un yacht commencera à suivre la même voie que les services de covoiturage : plus pratique qu'un taxi traditionnel, et une véritable alternative à la possession d'une voiture », déclare Erwin Bamps, PDG de Gulf Craft à Dubai. « Il y a d'énormes défis à relever, mais aussi d'énormes opportunités pour les entreprises qui trouvent le bon équilibre sur un marché en pleine évolution. »

La propriété fractionnée n'est pas un concept nouveau, mais n'a connu qu'un succès limité dans le monde du yachting. Penny Hammond-Smith, consultante en développement des affaires basée à Monaco, a travaillé avec Rossinavi pour coordonner le projet de recherche de l'IUM dans le cadre de son cours en gestion du luxe. Elle met en garde contre le fait de trop insister sur le comportement de « partage » des millénaires.

« Bien sûr, ils vont faire les choses différemment et nous devrons reconditionner le produit, mais je ne crois pas que les yachts changeront tant que ça et je ne vois pas le concept de propriété disparaître de sitôt », dit Penny. « Ils finiront par vouloir leur propre produit, comme nous tous. Les choses changent, mais la nature humaine reste la même. »

Le « reconditionnement » du produit implique également la façon dont l'industrie communique et interagit avec le marché émergent. Dans le passé, les propriétaires étaient généralement présentés aux concepteurs ou aux chantiers navals lors de salons nautiques ou par l'intermédiaire de courtiers en bateaux. Aujourd'hui, le premier contact se fait plus souvent directement par le biais des médias sociaux.

« C'est une forme de communication beaucoup plus immédiate et personnelle, pour eux et pour nous », explique Antonio Romano, de Hotlab. « De notre point de vue, voir leurs photos sur Facebook nous permet de nous faire une idée assez précise de leurs intérêts et de leurs goûts avant même de les rencontrer. Cela rend la compréhension de leurs besoins ou de leurs préférences beaucoup plus rapide et facile. »

Les médias sociaux et les applications de messagerie influent également sur la façon dont les agents broker négocient avec les propriétaires. David Seal est courtier chez Northrop & Johnson et un vlogger actif. La plupart de ses clients potentiels, surtout les plus jeunes, proviennent de sa chaîne YouTube.

« L'autre jour, je me disais que je ne recevais plus autant de courriels qu'avant », dit David. « Mais j'ai réalisé que j'avais de plus en plus de clients qui me contactent par messagerie directe sur Facebook ou avec Whatsapp et qu'ils attendent une réponse immédiate.

L'âge moyen des propriétaires de superyachts diminue, mais il reste à voir si les millénaires vont combler le fossé des générations. Merijn de Waard est le fondateur et directeur de la Superyacht Company, qui a créé une base de données de plus de 4 800 yachts de plus de 30 mètres de long. Les recherches se poursuivent, mais ses études démontrent que les propriétaires de moins de 40 ans ne représentent qu'une infime fraction du total.

« Ce n'est pas surprenant quand on pense qu'ils sont encore occupés avec leurs affaires et que posséder un superyacht n'est pas encore une priorité, » dit Merijn. « L'important, c'est qu'ils louent des yachts, et l'industrie doit être très claire sur ce qu'il en coûte pour faire fonctionner un yacht. Dans certains cas, vous pouvez acheter un grand yacht relativement bon marché, mais les coûts d'exploitation et d'entretien sur une période de cinq ans peuvent être beaucoup plus élevés que le prix d'achat initial.»

Le secteur du charter est de plus en plus fort, ce qui suggère que les propriétaires potentiels apprécient le style de vie du yachting et se tournent vers le marché, éventuellement comme préambule à l'achat. En attendant, il est bon de se rappeler qu'en 1988, lorsque Donald Trump a fait l'acquisition du Nabila de 86 mètres et l'a rebaptisé Trump Princess, il n'avait que 42 ans.

  

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